for MARIE HAZARD
I researched and wrote
COULDN’T CREATE THREAD
8/02-22/03/2022, GALERIA MASCOTA, CDMX, MEXICO
une spirale sans se définir
espace entre ici et maintenant
ligne fine du destin et de la fatalité
elle crée comme elle finit
au paradoxe d’une réalité sans limite
je n’ai plus peur
une spirale hors péremption
le temps n’est qu’un sujet
tout n’est que moment
l’un en amène un autre
chacun se meurt dans la mort de l’autre
je n’ai plus peur
la spirale étouffe
comme la ville que je quitte
en escargot et tourbillons
elle me pousse pourtant, si loin d’elle
c’est la spirale qui me quitte
je n’ai plus peur
La ligne n’a qu’une loi: celle de ne jamais être interrompue. Dans nos vies en ligne, dans nos vies en fil, la spirale est salvatrice, elle s’installe comme une évidence pour nous protéger de cette fatalité linéaire. Dans tout le paradoxe de son existence, elle nous fait tanguer entre infini et fini, entre vide et rempli, entre promesse et destin. Dangereuse pourtant, elle nous protège autant qu’elle nous rend captive; la douce spirale rassurante devient maelstrom dans les profondeurs de nos êtres. Il nous reste ainsi une légère once d’autonomie face à elle: que ressortir de cette abstraction?
Millénaire, elle s’exprime en tout. Dans les galaxies, dans les vents, dans la nature, dans les vivants.
D’aucuns dansent, à travers des spirales de corps et d’esprit, jusqu’à l’extase, jusqu’à l’effondrement du moi. Tout détruire, tout brûler. La spirale en danse du ventre permet l’hypnotisant tarab, force mystérieuse qui traverse la danseuse, l’entraîne pour se transcender et faire parvenir son audience à l’acmé. A nouveau, la spirale dans la danse orientale amène son paradoxe: l’atteinte du tarab n’intervient que par le mouvement intérieur du corps grâce à une immobilité apparente.
D’autres tissent. Quoi de plus symbolique que des fils s’entremêlant, elliptiques - l’hélice ne s’arrête jamais, puisant son infinité dans le mouvement de l’artiste. Dans un certain équilibre des contraires, elle agit en ressort. Les spirales de Marie sont autant de souvenirs que de promesses. Il y a des envies d’ailleurs, de dépasser son métier à tisser grâce à l’essence même de son travail. Pour autant, elle semble s’y retrouver et y explore les couleurs, les matériaux, les techniques, presque inlassablement, y trouvant des réponses au fil de ses choix. Elle nous invite dans sa pratique, dansant à sa façon, au rythme des ensouples. Où nous emmène-t-elle? Le chemin est en nous; nous le tissons chaque jour, au gré des indices semés par les spirales, au gré du mouvement qu’elles créent et dans leurs bras à la douceur rigoureuse.
a spiral with a definition
a space between the here and now
fine line of destiny and fatality
created just as it finishes
in the paradox of a boundless reality
I’m no longer afraid
a spiral without an expiry date
time is only a subject
all is but a moment
one leading to another
each dying in the other’s death
I’m no longer afraid
the spiral suffocates
like the city I am leaving
in twists and turns
and yet pushing me far away
it’s the spiral that’s leaving me
I’m no longer afraid
The line follows a single law: of never being interrupted. In our linear lives, our wired lives, the spiral is a salvation. It becomes evidence to protect us from this linear destiny. In all its paradoxical existence, it makes us swing between the infinite and the finite, between empty and full, between promise and destiny. Although it is dangerous, it protects us as much as it renders up captive. The sweet and reassuring spiral becomes a maelstrom in the depths of our being. In the face of it we are left with just an ounce of autonomy; what should we make of this abstraction?
Millenary, it expresses itself in everything. In galaxies, winds, in nature, in living beings.
Some dance, in the spirals of bodies and minds, all the way to ecstasy, the collapse of the ego. To destroy everything, burn everything. In belly dance, the spiral enables the hypnotizing tarab, the mysterious force of the dancer allowing her to transcend and bring her audience to a climax. Again, the spiral in oriental dance creates its own paradox: the tarab is reached through the inner movements of the body, while it seemingly remains immovable.
Others weave. What is more symbolic than interweaving, elliptical threads? The propeller never stops, drawing its infinity into the artist’s movement. It acts as a spring in a kind of balance of opposites. Marie’s spirals are both memories and promises. There is a longing for somewhere else, striving to transcend her weaving loom through the very essence of her work. However, she seems to find herself in it, tirelessly exploring colours, materials, and techniques, finding answers as she moves through her choices. She invites us into her practice, dancing in her own way, following the rhythm of her warps. Where is she taking us? The path is in ourselves; we are weaving it each day, following the clues sown by the spirals, the movement they create and in their strictly soft arms.