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about PHILIPPINE DE SALABERRY’s PRACTICE

Philippine de Salaberry's work reflects the turning points in her career as an artist: each obstacle invites learning and creates possibilities for transformation. In order to envisage transformation, only destruction, annihilation and rebirth are possible. However, Salaberry does not stop at the vestiges, she observes them, appropriates them, and returns them to their irony in order to better repair them and revive them. In particular, she deconstructs painting as an archaeological space of the present, as an echo of her choices of life and development of practice, while at the same time depositing a nostalgic caress of all that could have been.

How can the present be so paved with memories ? 

On the one hand, it is a personal lesson in perseverance, in approaching painting in its essence as matter: taking it out of its own image to finally give it an existence of its own. On the other hand, his work is a complex thread of our relationship to objects and our environment. Their limitation to one use, the oblivion we impose on them and finally, the ultimate rejection, without perceiving the idea of the consequences of such rejection. Salaberry's work pushes us to come out of a personal vision of our habitus, to decode it in order to decipher the effect of our false materialist lightness. The poetry of suspended possibilities in the face of the arrogant weight of decisions to be made, decisions in which we are never the true protagonists, is then inscribed.

or in french?

Le travail de Philippine de Salaberry est à l’image des instants charnières de sa carrière d’artiste: chaque obstacle invite à l’apprentissage et crée des possibilités de transformation. Pour envisager la transformation, seuls la destruction, l’anéantissement permettent la renaissance. Pourtant, Salaberry ne s’arrête pas face aux vestiges, elle les observe, se les approprie, les rend à leur ironie pour mieux les réparer et les faire revivre. Elle décortique notamment la peinture comme un espace archéologique du présent, comme un écho avec ses choix de vie et de développement de pratique, tout en y déposant une caresse nostalgique de tout ce qui aurait pu être. Comment le présent peut-il être aussi pavé de souvenirs? 

Il s’agit, d’une part, d'une leçon personnelle de persévérance, d’approche de la peinture dans son essence de matière: la sortir de sa propre image pour lui donner finalement une existence propre. D’autre part, son travail s’immisce comme un fil conducteur complexe de nos relations aux objets et à notre environnement. Leur limitation à un usage, l’oubli que nous leur imposons et enfin, le rejet, ultime, sans percevoir l’idée des conséquences d’un tel rejet. Les oeuvres de Salaberry nous pousse à sortir d’une vision personnelle de nos habitus, la décadrer pour décrypter l’effet de notre fausse légèreté matérialiste. S’y inscrit alors la poésie des possibilités suspendues face au poids arrogant des décisions à prendre, décisions dont nous ne sommes jamais les véritables protagonistes. 

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